Diptyque 2.2. L’histoire de la photo de Caféïne par Leeloolène

 

Les surprises de l’amour…

 

J’allume mon ordinateur, direction les mails. Quelles nouvelles fraîches du bout du monde ? Quel vendeur de Vi@gr@ ? Quel ancien ministre zaïrois promettant des fortunes ?

Un rapide coup d’œil à la longue liste de courriers qui arrivent en rafale. Des spams qui vont se ranger dans la boîte à spam, et quelques mails persos.

Oh tient… Estelle qui m’invite à une soirée vendredi pour fêter ses 25 ans. Je réponds vite fait que je serai bien évidemment de la partie, que je viendrai avec une bonne bouteille et un gâteau.

Je répondrai plus tard au questionnaire en chaîne que Marie m’envoie. Je tapote vite sur mon clavier pour donner de mes nouvelles à quelques amis… je n’ai pas trop le temps. Je suis attendue à l’autre bout de la ville pour aller passer l’après midi à la plage.

Je refais un dernier « Envoyer et recevoir » avant d’éteindre mon ordinateur et filer à la gare pour prendre le train vers La Baule. Oh tient ! Un mail d’Antoine. Six mois que nous nous tournons autour. De longs regards qui en disent tant. Quelques banalités échangés sur le temps du lendemain, et le passage du facteur. Nos mains qui s’effleurent quand je lui tiens la porte. Mais rien de plus. Nous en sommes encore à la phase séduction…

Objet du mail : « Soyons fous ». Hmmm… que me veut-il ? « Nous sommes en long week-end à partir de ce soir. Rejoins moi dans le TGV 854, voiture 5 à 17 heures. J’ai un billet pour toi. Partons prendre l’air… Bises. Antoine ».

Quelle entrée en matière ! Où veut-il m’emmener ? Dois je y aller ? Cela ressemble tant à un scénario à l’eau de rose. Et pourtant je rêve de partir quelques jours avec lui. J’ai envie de fougue et de folie en ce moment. Revenir aux prémices des sentiments amoureux.

Le mail vient d’arriver… il doit donc être encore en ligne. Je réponds par un laconique « on verra ».
Il est 14 heures. Il me reste trois heures si j’accepte l’invitation. Ma décision est prise. Je rentre chez moi. Sur le trajet j’appelle les filles pour leur dire que finalement je ne peux pas venir à la plage. Je me retrouve face à mon placard. Que prendre ? Où va-t-on ? A la mer ? A la montagne ?

J’ouvre ma valise rouge sur le lit. Je jette en vrac quelques habits. Le printemps est presque là. Des débardeurs légers. Une jupe, une robe, un jean, un pull, on ne sait jamais… « en avril ne te découvre pas d’un fil »… ah, non, nous sommes déjà en mai… qu’importe.

Il me reste deux heures. Le temps de prendre une douche, me faire belle, arroser les plantes, passer à la poste récupérer le paquet qui m’attend.

Il est 16 h 30… Je sors de chez moi avec ma valise rouge à roulettes. La ville est déjà désertée. Les gens ont filé sur la côte pour ce week end du 8 mai. Les boutiques sont fermées. Je marche d’un pas décidé vers la gare. Antoine m’attend… L’avenir nous attend…