Diptyque 2.1. l’histoire de la photo d’Alain Bachellier, par Garf.

 

 

 

Quand vas-tu te décider à me décevoir ?
Dépêche-toi sinon j’vais me mettre à y croire
Quand vas-tu te décider à me décevoir?
J’ai bien peur qu’il soit trop tard
Le dernier délai c’est ce soir

Je ne sais pas si je vais oser. Ça a l’air trop beau…

D’abord il y a sa photo. Un sourire qui ressemble à ceux dont je dis qu’ils m’éclaboussent, tellement ils sont francs, sincères et radieux.

Et puis il a un regard tout aussi franc, sincère et radieux.

Bien sûr ce n’est qu’une photo. Non, ce sont plusieurs photos. Prises à différents moments et à différents endroits. Et il y a toujours cette même impression de joie de vivre et de tranquillité. Sans doute ce qu’on appelle un mec « pas prise de tête »…

En plus il n’habite pas loin.

On a des goûts communs. Cocooning, Christophe de « La Nouvelle Star », la plage, le film Cabaret. Je n’aurais pas cru qu’on échangerait autant d’informations en si peu de temps… Des informations futiles certes, mais bon… On a des goûts communs.

Pour une fois je n’ai pas posé la question « mais pourquoi un garçon comme toi me contacte-t-il ? » Cette question qui sous-entend à en rendre sourd mon interlocuteur que c’est une situation totalement surréaliste de voir l’étoile amoureuse d’un ver de terre.

Cette question qui a par ailleurs si souvent sonné le glas de rencontres hypothétiques tant elle est absurde pour celui qui doit y répondre, cette question qui implique que j’ai peur de la réalité, de moi, de l’autre aussi. Cette question qui implique que j’ai besoin d’être rassuré, que je n’y crois pas.

Pour une fois, je n’ai pas posé cette question, j’ai pris son bonjour et les mots qui ont suivis (tu as l’air charmant, mignon, sourire bla-bla-bla) pour argent comptant. Pour une fois j’ai osé me dire pourquoi pas ? pourquoi pas moi ? pourquoi pas moi et lui ?

C’est vrai que comme d’hab’ je m’emballe et je me fais peur.

Il veut qu’on se rencontre. Pour faire connaissance a-t-il précisé.

Et puis y’a un petit bar pas en bas de chez moi. Si tu veux rester pour manger, ce sera facile… a-t-il ajouté, et j’ai senti comme un clin d’œil coquin derrière cette suggestion. Je ne peux m’empêcher en regardant encore ses photos, en particulier celle prise sur la plage (en Espagne a-t-il précisé) où on voit ses belles épaules et son ventre plat de penser qu’il serait beaucoup plus normal qu’il soit attiré par un beau mec. Pas par moi. Et pourtant il a vu mes photos aussi. En particulier celle prise sur la plage à Cassis. Où malgré mes efforts pour rentrer mon ventre on voit bien que… Non si je pense et que je visualise ça, je ne vais pas oser aller prendre un pot avec lui.

Je suis assis tout seul devant mon ordinateur et je ne sais pas quoi faire.

Il m’a donné son numéro de téléphone, il n’a pas le mien, ça me laisse maitre du jeu…
Mais est-ce un jeu ?

Il a 32 ans, il s’appelle Jérémie.

Je ne vais pas oser… et après je vais encore me plaindre à longueur de blog que je ne suis pas fait pour être aimé.

Après tout il ne me propose pas de m’épouser… Prendre un verre dans un endroit neutre, comme une terrasse de café, ça n’engage pas.

Mais j’ai déjà vécu ça : on prend un pot, on discute et malgré les efforts la conversation languit et au mépris de toute logique on s’invente un rendez-vous ou une obligation professionnelle pour pouvoir partir. Et après on reçoit un sms laconique répétant que c’était sympa mais ça ne le fera pas… Des sms comme ça, si je les avais gardés dans la mémoire de mon téléphone, je n’aurais plus de place disponible.

Alors je ne vais pas y aller. Je vais l’appeler pour lui dire que je me suis bloqué le dos en faisant un faux mouvement. Faut quelque chose de crédible. Qui me permette de lui téléphoner, de lui parler, de ne pas passer pour un poseur de lapin. J’ai encore vingt minutes devant moi.

Je ne sais pas quoi faire.

J’ai le téléphone à portée de main. Je n’ai un geste à faire…

Il suffit d’oser.

Je ne sais pas…

1. Le lundi 1 mai 2006, 17:11 par Oxygène

Alors c’est vraiment un type bien, s’il aime Christophe de la Nouvelle Star. Décroche le téléphone et cesse de te recroqueviller comme ça. Tends la main !
PS : j’attends mercredi pour écouter une fois encore ce petit prodige de Christophe.