Ceci est ma première participation au jeu des titres de dame Akynou. La reine de la salle de jeux m’a attribué une liste de cinq titres d’œuvres choisis par Anna et à glisser dans un texte racontant une rencontre avec une personne ou une oeuvre ou tout autre chose. Le tout entre 1 500 et 3 000 caractères. Les titres sont en gras. Moi qui n’aime que les formats courts, j’ai souffert pour ajouter des caractères car mon billet n’en faisait que 800 au départ !”
C’est une petite peinture votive, dans une imposante église en pierre de lave. A Salazie, au fond du cirque du même nom. Elle est très discrète, accrochée à son clou, à droite de l’entrée. Témoignage personnel de la guerre, pas La Guerre des fleurs, non, la Grande Guerre, celle de 14-18…
Témoignage qui s’inscrit dans la mémoire collective de la patrie reconnaissante car les héros meurent aussi. Leurs noms sont inscrits, à gauche, au sommet du pilier aux feuilles d’acanthe, chapiteau corinthien pour glorifier le sacrifice de toute une jeunesse.
Tranchées, cadavres, amputations, ruines, incendies…. au dessus de ce théâtre macabre flotte Notre Dame de l’Assomption sur un petit nuage blanc. Immaculée, toute nimbée de lumière.
Surréaliste !
Ici, L’art et le sacré se rencontrent sur une petite planche de bois peint. Art naïf, pour dire comment L’Apprenti magicien a fait péter le monde et traumatisé les hommes dans un combat du bien contre le mal, l’archange saint Michel terrassant le dragon au casque à pointe…
Et la République ?
Portant bannière tricolore, voûtée, accablée, laïque depuis peu, elle assiste, impuissante à l’agonie de ses enfants, heureusement secourus par la puissance divine.
C’est bien fait pour elle ! Aura-t-elle compris la leçon ? Leçon bien apprise par le trouffion de Bourbon qui peint de tout son cœur pour la patronne du village.
Le réalisme des combats se conjugue au symbolisme politique et religieux. Comment a-t-il a prié, ce paroissien de Salazie, mort de peur sous les obus allemands. En quelle langue ? En créole, en latin, en français ?
Mécréante absolue, mais mécréante émue, me reviennent les paroles de Paul Simon :
« Maybe Ive a reason to believe
We all will be received
In graceland »
Et je pense à cet autre mécréant, jeune lui aussi, qui a fait vœu de baptême s’il sortait vivant de cet enfer.
Mon grand-père.
