Diptyque 3.2. L’histoire de la photo d’Antoine par Orpheus
Eloge du blongzaï .
Combien d’enfants ont commencé une phrase par « Quand je serai grand » ?
Combien de fois le gamin que j’étais y a projeté ses rêves d’avenir ?
Je me rappelle également de l’impatience qui y était accolée. Il fallait que ça arrive vite. Demain même.
Et l’horloge tourne.
Je ne dis plus « Quand je serai grand » parce qu’il parait que je le suis.
Pourtant c’était bien d’être une jeune pousse. A l’abri du vent derrière le tronc protecteur du paternel. A l’abri de la pluie sous le feuillage maternel. Avec pour seul souci celui de grandir, et de s’élever vers le soleil.
Mais on ne peut rien y faire.
L’horloge tourne. Et on grandit.
J’aime que mon blog soit petit. Et j’espère bien qu’il le restera.
Un blog bonzaï. Un blongzaï.
Laisser les bûcherons trolleurs aux grands de la forêt. Laisser les pluies de skycomments aux grands forumeurs.
L’intelligence et l’esprit de mon audience me conviennent. Juste ce qu’il faut.
J’aime aussi cette liberté de ne pas avoir à faire l’unanimité. Il n’y a rien de plus épuisant que le devoir-plaire.
Les grands arbres ont-ils la même liberté ? Tout à l’heure, un chêne m’a chuchoté dans les feuilles que non. Il redoute les coups de branches et l’image que pourrait se faire de lui d’autres arbres. Le problème de la surexposition. Si certains arbres ont des épines et savent faire face, lui, c’est le cœur qu’il a à même l’écorce. Je comprends alors ses réserves.
C’est bien d’être tout petit. On peut faire des folies.
On peut dire et faire des bêtises sans se soucier de l’image qu’on donne.
On sera pardonné parce que justement on est tout petit.
Maintenant que j’y pense, le seul vrai problème quand on est tout petit, c’est d’avoir le nez à hauteur du cul de ceux qui se la pètent !
Bon d’accord, quand on est tout petit, on a également le nez plus proche de son propre cul. Et quand on se la pète, on le sent aussi !
