Diptyque 2.5. L’histoire de la photo d’Akynou, par Nounou.

 

Je me suis toujours demandé si les seuls à vraiment aimer un bébé, ce n’était pas leurs parents… Nounou semble me donner raison.

Je n’aime pas les bébés, surtout les nouveaux-nés, les nourrissons. Ces choses-là ne s’avouent pas.

Lorsqu’on m’en présente un, je m’abstiens de tout commentaire déplacé, mais je n’arrive pas à les admirer, à trouver quelconque ressemblance avec le père, la mère ou l’oncle par alliance. Ils sont tout petits, tout ridés, tout fripés, chauves. Ils ne savent pas encore sourire. On dirait des hommes politiques. Si je conçois la subjectivité des parents et que je comprends que la petite chose soit pour eux la huitième merveille du monde, je reste perplexe devant les amis qui sont en pâmoison : souvenirs, envie d’avoir le leur ? Je peux comprendre l’admiration des parents mais le partager réellement, pas vraiment. Même quand il s’agissait de ma nièce, la fille de ma sœur. Je suis juste heureuse pour eux, de les voir avec tant de bonheur en eux.

Moi, j’attends avec impatience que la petite chose s’ouvre au monde, les premiers regards, les premiers sourires, les premiers gestes, les premiers babils, qu’elle devienne une véritable petite personne, avec sa personnalité. En général, on devient assez potes car si je n’ai pas d’atomes crochus avec les nourrissons, je m’entends bien avec les enfants, même les tout-petits. Mais les premiers temps, les bébés sont trop occupés à grandir dans notre monde pour faire autre chose que dormir et manger, ils ne m’intéressent pas.

Dans quelque temps, je vais avoir un petit bout. Un nourrisson. Et vous savez quoi ? malgré tout ce que je viens de dire et d’écrire, je crois que je l’aime déjà.