Diptyque 7- L’illustration du texte de Nonal par Akynou

 

Et voilà !

On leur donne le biberon, on veille jalousement sur leur croissance et leur épanouissement, on essaie de leur donner la meilleure éducation possible… Et puis ils grandissent trop vite.

Alors qu’ils ne pouvaient pas se passer de nos genoux, de nos câlins et de notre présence, les voilà qui feignent de nous ignorer quand on les croise dans la salle de bains. Ils sortent le soir, avalent n’importe quoi, rentrent aux lueurs de l’aube, et font la grasse matinée jusqu’à 14 heures. Nous, pendant ce temps-là, on s’active pour leur offrir des conditions de vie suffisamment dignes et pour leur mitonner des petits plats qui ne susciteront qu’une moue boudeuse.

Le mien disparaît toutes les nuits, maintenant. Quand il revient, c’est un véritable zombie. A peine un signe de tête et il s’affale dans le canapé pour récupérer de ses frasques. Il a des fréquentations de plus en plus douteuses, je crois même qu’il se bat.

Alors j’attends ses retours, le cœur serré. Et je savoure tant que je peux ces trop brefs instants de complicité qu’il accepte encore de m’accorder parfois.

Les chats, c’est vraiment des ingrats.

Je voulais une photo de ma grande et d’un chat… Parce qu’il m’y a fait irrésistiblement penser. Comme les chats, nos petits sont aimés, choyés, adulés, puis ils grandissent et s’éloignent. Et on les regarde vivre leur vie, et plus la nôtre, avec amusement, tendresse et un petit pincement au cœur en pensant au temps qui n’est plus…
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