Diptyque 2.1. l’histoire de la photo d’Alain Bachellier, par Pivoine blanche.
La main, dans tous ses états…
J’ai toujours bien aimé les poignets de chemisier retroussés.
Je trouve que cela dégage joliment l’avant-bras.
L’attitude des mains jointes me rappelle une position habituelle, tue, drôle, calme,
celle d’une adolescence silencieuse, rêveuse, qui se recueille.
Une adolescente essaie de comprendre les Lectures.
Et d’écouter l’orgue qui murmure,
ou les mots qui se mélangent.
Et puis, le vêtement bleu varie.
Du tablier bleu, de la vareuse de guingamp, du tablier de cretonne,
des genoux modestes au blue jeans à poches trouées,
du bleu de Chine au T-shirt rose ou rouge,
des breloques au bracelet d’émail peint,
du bracelet de Rouen aux anneaux rongés de temps
De la main gauche à la main serrée…
De la main droite à la main chargée de couleurs
Des doigts agiles, entrelacés
De la dentelle de Bruges ou du carré de coton,
de la Femme qui coud
aux mains des dentellière,
Multiples mains de chair et d’os, de tendons et de muscles, de nerfs et de lymphe,
de matière cornée, d’ivoire, de laque noire.
Des mains en danse, en balancement.
La main, la main dans tous ses états, nue puis habillée,
gants de filoselle, gants de chevreau, la main dans les poches, la main modeste sur la robe,
La robe grise,
La main, la main secourable, fraîche sur le front fébrile,
douce sur le duvet de l’enfant nouveau-né,
Cette main de mère, où est-elle, aujourd’hui, cette main qui se croisa, un soir,
Sur le corps assoupi
Soudain, comme usé,
Au terme de sa course?
1. Le mardi 16 mai 2006, 19:12 par Compositeur pour Piano
que de poésie, c’est émouvant et bien dit, bravo !
2. Le samedi 9 février 2008, 15:09 par MBark
je suis grandement étonné par le peu de commentaires laissés à ton billet ! 
