Diptyque 2.1. l’histoire de la photo d’Alain Bachellier, par Ulysse

 

Passer sa vie à l’attendre…

 

Il était là. Comme chaque jour
Il était là à attendre
Il était las d’attendre.
De toute sa vie il avait attendu
Pas les bras croisés
Pas les mains croisées.
Il avait dû attendre.
Attendre pour naître
Attendre pour marcher
Et pour parler
Et pour dire ce qu’il avait à dire.
Le jour il attendait le soir,
Le soir il attendait pour sortir.
Il avait aussi dû attendre
D’avoir vingt-cinq ans
Attendre de rencontrer son ego
Puis d’attendre neuf mois
Et d’avoir le plus grand bonheur.
Il avait aussi attendu que l’enfant grandisse
S’émancipe, fasse sa vie.
Il vit passer les années, mais sans les attendre.
Puis, sans l’attendre, elle était partie
Lui, il était là, comme chaque jour
Il était là à attendre
Il était las d’attendre de partir.
Mais en attendant, dans sa tête
Loin de tous, il revivait sa vie.