Le diptyque 2.3. L’histoire de la photo d’Akynou par Dom
Le clown s’en va…
Collé contre les dalles froides de la route, le rire s’est oublié en moi. Je suis là sans être. Vous pourriez me toucher et ne plus rien sentir de ma chaleur. La musique, la beauté, mes pensées se sont recroquevillées dans mes veines, elles circulent dans mon sang, se rendent dans mon coeur qui n’a cessé de battre, pourtant vous ne l’entendriez pas. Tout tourbillonne maintenant, mon corps étendu sans vie peine à contenir ce mouvement explosif. Je sors de moi-même dans un élan trop longtemps contenu.
Est-ce moi cette enveloppe lourde posée sur cette place, entourée de la foule chamarrée arrêtée, en suspens qui contemple sans comprendre le clown foudroyé ? Un arlequin à la démarche grave s’approche de ce moi vide, touche cette main alanguie et je ne sens rien.
Est-ce moi ce pathétique clown au nez épaté et dont seul je perçois la couleur ?
Savais-je jouer de cette trompette qui petit à petit glisse sur le sol ?
Je refuse cette évidence dans un sursaut de vie, mes pensées vagabondent et je suis happée par une brise levée. Et mon moi s’éparpille, s’oublie, s’abîme.
Je ne suis plus, je suis vous tous, ici, ailleurs, en chaque parcelle de vie je renais et je meurs.
