Le diptyque 2.4. L’histoire de la photo de Franck Paul par Orpheus.
La fable de l’ours et des tortues…
J’aurai du le voir venir. On ne peut espérer être tranquille et en sécurité nulle part. « Auprès de mon arbre, je vivais heureux. » Et puis, ces singulières tortues sont arrivées. Etranges parce qu’elles logent à plusieurs dans une carapace multicolore. Les deux premières qui se sont arrêtées dans ma montagne ont commencé par scier mon arbre pendant que je dormais. « J’aurai jamais dû le quitter des yeux. »
Puis d’autres sont venues. Elles ont raclé le sol avant de le recouvrir d’une boue grise et malodorante qui s’est solidifiée le lendemain. Je dois maintenant traverser cette curieuse frontière pour aller de ma grotte au ruisseau où je me baigne.
Après seulement deux lunes j’assiste impuissant au défilé de pleurodires. Qui sont-elles, d’où viennent-elle et surtout où vont-elles ? Je dois trouver un autre point d’eau. Mon ruisseau est inaccessible.
Si encore elles étaient discrètes ! Mais non. Des grondements incessants m’empêche de faire la sieste. Et leur cri me fait sursauter à chaque fois que je ferme l’œil. Tûûûûût ! Tu parles d’un langage primaire. Comment avoir une conversation avec des individus qui n’ont que ce mot à la bouche ?
Il faut que je trouve le moyen de leur faire comprendre qu’elles doivent absolument changer d’alimentation. Incroyable ce qu’elles peuvent avoir comme problèmes intestinaux. A tel point qu’une fumée grise s’échappe en permanence de leur trou de balle. J’ose même pas parler de l’odeur !
Saleté de tortues! A cause de vous, je suis obligé de m’empiffrer de camomille pour trouver le sommeil.
Mon cousin de l’Est est venu me voir. Il pensait retrouver le calme des montagnes de son enfance. Il a trop halluciné sa racev! Je crois que je vais quitter mon havre de paix.
Oui, c’est décidé, je pars pour les forêts slovènes.
Venez pas m’y chercher et me faire des battements de cils avec vos yeux lumineux, je vous abandonne ce paradis que vous avez détruit.
Groooooaaarrr ! /o\
