Diptyque 2.7. L’histoire de la photo de Jérôme, par Nuits de Chine.
Une chanson triste…
Des poutres qui plongent à la verticale dans l’eau. Des planches de bois, plus ou moins nombreuses, plus ou moins bien ajustées. Il y en a des millions sur la planète. Et il y a celui-ci.
Je nous revois, il y a dix ans, l’un dans les bras de l’autre, nous serrant à en étouffer, le visage noyé de nos larmes et des embruns. Nous étions bien au-delà de ce que les mots peuvent exprimer.
Après un temps infini, elle est descendue dans son voilier. Je suis resté sur le ponton, lui lançant l’amarre. Le bateau a pris le vent et a filé vers le large. Je ne l’ai pas quittée des yeux. Je suis encore resté longtemps à contempler l’horizon où elle a disparu.
Aimer, c’est aussi laisser l’autre partir.
1. Le lundi 5 juin 2006, 23:31 par Jérôme
C’est beau !
2. Le mardi 6 juin 2006, 04:00 par Karaba (la vraie!)
Concours de dessin
Thème: « Aimer c’est laisser l’autre partir. »
Matériel: Feuille de papier Canson, crayons à mine de plomb
Temps: 6heures
Immédiatement s’est imposée à moi l’image de ce ponton sur lequel nous nous étions quittés le visage noyé de nos larmes et des embruns!
Six heures pour reproduire ce que ma mémoire gardait depuis dix ans! Mon crayon redessinait presque malgré moi ce ponton immobile et à jamais désert tranchant par sa raideur la toison mouvante de la mer . Fidèlement, il en reconstruisait chaque latte, de la première à la dernière. La dernière pour une ultime étreinte, un denier regard!
Tu m’as laissé partir.
J’ai filé vers le large
Sans te quitter des yeux…
J’ai eu la meilleure note!
3. Le mardi 6 juin 2006, 22:52 par Nuits de Chine
Jérôme : ce n’est pas grand chose à côté de tes photos.
Karaba : joli contrepoint.
— Xj
