Diptyque 4.3. L’histoire de la photo de Michel Clair par Jeanne
Elle avait toujours laissé sa couche ouverte au vent du jour.
Comme une porte sur les derniers rêves, une carte des émotions,
Un nid aux recoins multiples, gardien de ce qui n’appartenait à nul autre.
Ce matin – là, à les regarder livrer les dernières ondes de la nuit,
Les draps enroulèrent la spirale de son existence :
Toujours un coussin (odeur de lavande, feuilles d’automne, musc, encens, feu de bois, jeux de l’amour…)
Toujours un « drap »en boule (toile de campagne, duvet partagé, pagne, djellaba, cape, paréo…)
Comme les enfants promènent leur peluche, il y avait toujours dans un grand sac, une place pour ces « draps » à rayures, à madras, fleurs japonaises ou indigo qu’aucune parure classique ne remplaçait. Draps de nuit, objets du jour, tissés de prés d’extases, d’algues sucrées, de larmes nostalgiques…
Il ressemblait tant, ce lit aux milles plis, aux petites rides qui écrivaient désormais son visage…
Elle ouvrit la fenêtre.
« Des draps neufs, pourquoi pas ! »
Le samedi 4 octobre 2008, 00:00 par Pablo
Très poétique ce texte de Jeanne, plein de sensations (odeurs, couleurs, saveurs…) que je n’avais pas imaginées en regardant la photo…
2. Le dimanche 5 octobre 2008, 23:33 par jeanne
merci Pablo;grâce à ta participation ici ,j’ai découvert ton blog et le plaisir de lire en espagnol …et le chemin « web » de la salle de jeu!Il m’arrive de m’égarer!
