Diptyque 4.3. L’histoire de la photo de Michel Clair par Laure
Il n’a rien à faire dans mon lit ! Je le lui ai interdit. Et il le sait. Sur le canapé, pareil ! D’une façon générale, je n’aime pas trop qu’il vienne à la maison. Je ne peux pas m’empêcher de garder un œil dessus. Pourtant, je sais bien qu’il ne fera rien qui me dérange vraiment. Mais j’aime bien le chacun chez soi. Et il l’a compris.
Ce que j’aime, c’est son regard. Sa façon de me regarder, aussi.
Et ses silences.
C’est encore faire de grandes balades, en forêt, sur les chemins. Je ne lui parle pas beaucoup mais j’aime sa présence, le savoir avec moi lors de ces longues promenades. D’ailleurs, ça lui convient. Chacun à ses affaires. Moi pensive, lui a tout regarder. Parfois, au bord de l’étang, on s’arrête. On s’assoit. Des fois il se baigne. Moi, jamais.
Ce jour-là, pourtant, je ne sais pas ce qui s’est passé. Je ne comprend pas ce qui a pu lui passé par la tête. On était tous les deux dans le jardin. C’était après le déjeuner, il somnolait. Je lisais. Je l’ai vu rentré par la cuisine. J’ai pensé qu’il allait boire. Puis je n’ai plus fait attention à lui, absorbée que j’étais par mon bouquin.
Ce n’est qu’un peu plus tard, quand j’ai entendu du bruit dans ma chambre, que j’ai réagi.
Et regardez dans quel état il avait mis mon lit !
Sale clebs ! Ça m’apprendra à récupérer un chien déjà trop grand pour être dressé !
