Je me réjouis de pouvoir marcher dans la rue, les couettes au vent, sans que personne ne m’ait mis en tête l’idée que mes cheveux sont indécents, qu’une femme honnête doit les cacher sous un tissu opaque.
Je me réjouis d’aller vers mon destin, à la croisée de chemins nombreux et variés.
Je me réjouis de pouvoir faire des études.
Je me réjouis de pouvoir aimer la personne de mon choix sans que personne ne m’impose un mari.
Je me réjouis d’aller et de venir sans que personne ne m’impose de rester enfermée chez moi.
Je me réjouis de pouvoir faire l’amour sans risquer d’être enceinte contre ma volonté grâce à divers choix contraceptifs accessibles.
Je me réjouis de pouvoir mettre au monde avec le même bonheur des filles et des garçons sans que personne y trouve à redire.
Je me réjouis de pouvoir adhérer librement à un parti politique, à un syndicat, rejoindre une association.
Je marche dans la rue, le vent sur mon visage.
Ce texte est ma participation au Diptyque 5.2 d’Akynou. Il illustre la photo de Jonas Cuénin. Il m’a été inspiré par la libération de Clothilde Reiss, jeune universitaire retenue prisonnière en Iran depuis des mois et qui a pu rentrer en France aujourd’hui. Quoi qu’on en pense, quelles que soient les critiques que l’on peut adresser au gouvernement actuel et à son président, je me réjouis de vivre dans un pays démocratique et laïque.
