C’est un jeu que j’avais lancé là
« Je suis allée sur le blog d’Akynou (moi, NDLR, on ne sait jamais, pour les distraits), à l’instigation de Béasoub (à qui Jathenaïs avait refilé son bébé, mais qui n’en voulait pas plus que ça…, toujours NDLR). Il y avait un petit jeu rigolo, où l’on devait faire un texte intégrant 5 titres de livres. Chaque participant avait reçu une liste. Je vis que ma fille, Jath, avait déclaré forfait pour cause de surbookage. J’ai décidé de relever le gant à sa place, sans le lui dire. J’espère qu’elle ne m’en voudra pas et qu’elle n’aura pas honte de ma participation. »
Une participation familiale, en quelque sorte. Oïnkari était partie sur 3 000 mots. Heureusement, elle s’est arrêtée avant. Nous avons quand même 4 800 signes ! Mais les vacances et les titres sont là, et c’est bien le principal…
Lettres à ma fille
Demande à la poussière
Le coffret de santal
Un homme dans ma poche
Déloger l’animal
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Cette année, pour les vacances, ça va changer! Cette année mes LETTRES A MA FILLE raconteront quelque chose, pour changer.
Soyons éclectique !
Pour commencer, la montagne, et la chasse au dahut.
Arrivée sur les lieux, je prends rendez-vous avec un guide pour le lendemain à l’aube. Après une courte nuit de sommeil et un bon petit déjeuner, je suis sur le pied de guerre. Nous entamons l’ascension du pic des Fadaises, seul endroit de la région où l’on rencontre les dahuts. Mon guide me fait signe de progresser en silence sur le sentier pierreux. Plus facile à dire qu’à faire avec toutes ses pierres qui ne demandent qu’à me débouler sous les semelles. J’obtempère tant bien que mal et plutôt mal que bien ! Akynou, mon guide, me fait les gros yeux. Soudain, il s’arrête, au milieu d’une enjambée, ce qui lui donne l’allure d’un chien de chasse à l’arrêt. J’ai du mal à m’empêcher de rire. Puis il me fait signe de me mettre, comme lui à quatre pattes dans le fourré (plein d’épines le fourré, hein), il me dit à voix basse :
« C’est maintenant qu’on va pouvoir DELOGER L’ANIMAL »
Il me fait signe de contourner une souche de pin qui se trouve à 2 mètres devant nous, ce que je fais, et là, devant mes yeux ébahis, se trouve le premier dahut que j’ai jamais vu !
Dix centimètres de haut, ressemblant ni plus ni moins à un rat mulot, mais plus pelé. Saisi de peur à ma vue, il se carapate et fonce droit dans le filet à papillon dont s’était armé mon guide.
La chasse est finie! Cela valait-il la peine?
A suivre une foire aux célibataires
Je prends le train vers Saint-Valentin et sa foire aux célibataires. Cette foire existe depuis maintenant vingt ans et elle a permis la formation d’innombrables couples. Alors pourquoi pas, je suis seule depuis trop longtemps. je sais que j’ai mauvais caractère, mais ça n’est pas une raison, les hommes sont difficiles à contenter, je dirais plutôt!
A l’arrivée, je suis prise en charge par Nyouka, la charmante hôtesse d’accueil qui m’amène à mon hôtel puis une fois rafraîchie, à l’apéritif d’honneur qui est donné par la Mairie.
La fête bat son plein, nous sommes rassemblés, quelques centaines de femmes, quelques centaines d’hommes… Et l’espoir que peut être…
Je lie conversation avec quelques esseulées qui ont l’air de rigolotes et qui tranchent sur l’ensemble. De fait elles sont plutôt drôles et semblent être venues plus pour rire entre filles que pour faire cesser un célibat qui ne leur pèse pas vraiment. L’une surtout m’attire par son sourire éclatant , ses manières simples et sa franchise de langage. Au cours de la soirée, lassée d’être asticotée par une casse-pieds qui avait décidé que Bérénice (c’est le nom de ma nouvelle copine) n’avait rien à faire dans une foire aux célibataires car elle était trop belle pour ne pas cacher un petit ami, elle avait fini par lui rétorquer : « Qu’est-ce que tu crois, que j’ai UN HOMME DANS LA POCHE ? » Ce qui déclencha nos rires car elle n’avait qu’une minuscule poche poitrine et venait précisément de nous expliquer qu’elle cherchait un genre de bûcheron ! Un rien suffit à nous faire rire quand on en est à son troisième cocktail.
Le lendemain, n’ayant pas trouvé chaussure à mon pied, je repartis par le dernier train dans mes pénates. Je ne rapportais de l’aventure qu’un fort mal de crâne.
Arrivée à la maison je trouvais ma fille qui venait d’arroser mes plantes. Pour la remercier je lui proposais un café et nous rentrâmes ensemble. Bien sûr elle me demanda comment s’était passé mon week end à la recherche de l’âme sœur : « DEMANDE A LA POUSSIERE », lui rétorquais-je, fort peu civilement. A ma décharge, j’avais de plus en plus mal au crâne!
Quelques jours plus tard je décidais de rappeler ma fille chérie pour faire amende honorable.
Ce qui fut fait et déboucha de sa part sur une invitation à un vide-grenier le dimanche suivant.
Dimanche, de bon matin, équipées de bonnes chaussures confortables, d’un grand panier d’osier pour moi et d’un sac à dos pour ma fille Kyanou, nous partîmes, remplies d’allégresse et de café au lait.
J’adore les vide-greniers. J’adore fouiller dans les cartons, les vieilles caisses, tripoter les tissus, le linge, les fringues. Déplacer la poussière sur de vieux livres. Tenir dans mes mains des pièces de fragiles porcelaines.
Ce matin là, il y avait un stand avec des monceaux de boîtes en carton, en osier, en cuir, en bois, en raphia, en marquetterie, en grès, en porcelaine …
J’adore les boîtes, j’ai même une collection de mini-boîtes. Je demande au vendeur :
– Combien pour celle-la?
– Laquelle?
– Celle-là, en bois foncé, avec les coquillages?
– Ah! LE COFFRET DE SANTAL!
– Si vous le dites!
– C’est 30 euros
-– 20? » marchandais-je
– 25 et je vous le remplis de lavande
– D’accord.
Je n’ai pas fait d’autres achats ce matin là, mais je suis enchantée de mon coffret qui parfume le petit coin où l’on aime être seul.

J’aime beaucoup ! C’est très drôle et enlevé, vive les dahuts !! Et les noms des guides bien sûr
Nyouka c’est pas mal hein…