C’est un jeu que j’avais lancé là

Meerkat me surprend toujours. Je m’attendais à un texte avec des chats, mais c’est une petite souris qui est l’héroïne de son histoire.

Les romans « qui me sont tombés au coin de la tête étaient : 


  • La station Saint-Martin est fermée au public,
  • Le testament français,
  • Anna et Mister God,
  • Aurélien,
  • Ceux qui vont mourir te saluent.

Bonne pioche, non ?
Il y avait aussi un nombre de signes à respecter, mais ça je n’ai pas vérifié, et puis il fallait parler de vacances et ça je l’ai fait je trouve. »

Bon, je confirme, Elle a un peu dépassé la limite avec 3 200 signes, mais c’est à peine plus que moi… Quant aux vacances, je vous laisse juge…

 

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Je trottine toute seule dans la nuit grise le long du canal Saint-Martin. Je ne sais pas bien me diriger et j’ai une peur de tous les diables. Je ne vois que des parapets à perte de vue. Il faut absolument que j’arrive à rejoindre Aurélien, mais je ne sais pas comment m’y prendre. Il est si loin Aurélien. J’ai bien essayé les transports en commun, mais pas de chance. D’abord je n’ai pas compris, il y avait une grille devant l’entrée du métro, bon pas de problème que je me suis dit, je me suis glissée entre les barreaux, et dedans il faisait presque aussi sombre que dehors, juste un peu plus blafard, heureusement que j’ai une vue perçante. Je n’arrivais pas à prendre un ticket parce que je suis trop petite pour atteindre les distributeurs, j’ai sauté, et alors là, pof, je me suis tapée la tête dans un énorme écriteau qui disait comme ça très froidement : la station Saint-Martin est fermée au public. C’est pas de chance, non, juste la station qui pouvait m’emmener direct jusqu’à Aurélien.

Alors je suis repartie dans le petit jour sale le long du canal. Je me demande pourquoi Aurélien a tant insisté pour que je le rejoigne au plus tôt et pourquoi il m’a bien recommandé de venir seule. C’est vrai quoi, j’aurais pu grimper en douce dans la vieille guimbarde d’Anna et Mister God qui quittaient la maison en même temps que moi. Bien que je me méfie de Mister God, il a des yeux petits comme des épingles, et il sourit méchamment en montrant des dents jaunes et en louchant un peu sur moi. Je me fais encore plus petite quand parfois je crois l’apercevoir dans la maison. Oui, il me fait peur. Il n’y a qu’Aurélien pour me protéger.

Je me dépêche, je me dépêche, j’ai les oreilles qui sifflent. Ouhla, c’est que je ne suis plus seule. J’entends crachoter derrière moi, il y a quelqu’un qui me suit, quelqu’un qui a l’air de ramper en soufflant, je me serre contre le parapet et je me fais encore plus petite, je tremble. Eh non, voilà deux gros bibendums asthmatiques qui me doublent sans me prêter plus d’attention que ça. Tout d’un coup l’un se retourne, cligne de l’œil et me lance : ceux qui vont mourir te saluent ! Je sens mon cœur qui s’emballe, mais je cligne de l’œil à mon tour tout bien comme il faut et ouf les voilà qui s’éloignent. Quel voyage, heureusement j’ai presque parcouru le kilomètre qui me séparait d’Aurélien. Je suis tellement fatiguée à présent.

Ah, je le vois au bout du parapet, près de l’immense entrée d’un immeuble en pierres de de taille. Qu’il est beau Aurélien sous les derniers rayons de la nuit. Il me sourit en me voyant approcher de lui, il passe son doigt sur mon dos, c’est fou ce que j’aime ça, et puis il sent si bon Aurélien. Me voilà sur son épaule. Il me murmure : heureusement que tu es venue très vite, avant que le jour ne se lève. Il me fallait absolument une de tes longues moustaches pour parapher le testament français, tu sais ce fameux testament que l’Homme Sans Manche a remis au notaire il y a bien longtemps, par lequel il me léguait la maison. Parce que voilà, sans moustache de souris pour l’authentifier, pile aujourd’hui aux premières lueurs du jour, la maison me passait sous le nez. Nous avons gagné ma beauté me dit-il en riant. Me voilà toute émue, je me serre dans le cou d’Aurélien. Non, mais qu’est-ce qu’elle croyait Anna, qu’elle pourrait me battre avec un gros rat dans sa guimbarde ! Dorénavant, Aurélien et moi allons couler des jours heureux dans notre maison, et chut, ne le répétez pas, mais nous allons enfin pouvoir partir en vacances !

 

1. Le mercredi 23 juillet 2008, 13:09 par dieudeschats

Je trouve dommage que dès le départ tu vendes la mèche sur la nature du personnage…