Participation de Lyjazz qui précise : Il s’agissait d’écrire une histoire dont le thème était « la rencontre », en incluant une liste de cinq titres donnés par un autre participant. Les titres qui m’étaient échus étaient ceux-là (que vous avez peut-être reconnus) :
- Les passantes
- Le temps où nous chantions
- L’ombre du vent
- L’humeur vagabonde
- Orphée aux enfers
Le jeu des titres prend sa source sur le blog d’Akynou et vous pouvez encore jouer
Rencontre de fin d’été avec Yusuf le maçon, ou avec Claude le contrôleur ?
C’était par une nuit d’hiver mais sans voyageur. Je rêvais de cette fin d’été quand j’ai rencontré Yusuf. Un homme vagabond, en écho à mon humeur vagabonde, arrivé dans ma ville après des séjours dans des villes de toute la France, au gré du travail ou de je ne sais quel appel. Un peu triste. Désireux de faire des connaissances. Ouvert et curieux, observateur.
Il m’a vue qui tenait mon appareil photo et m’a demandé de le prendre devant une 2cv. Pourquoi pas ai-je répondu avec le sourire. Il me suffit d’une adresse mail et je vous l’envoie.
J’étais libre et entièrement moi. Il était avec un collègue qui m’a donné son mail.
En échange on s’est revu le lendemain au même endroit, dans la foule de tous âges et il m’a payé à boire comme convenu.
Ou alors c’était un début d’automne dans le train qui allait à Metz et Claude au sourire coquin, aux lèvres minces, au regard doux, à la vive repartie ; l’homme qui étudiait la littérature en secret, s’est mis à m’observer.
Nous avons plus tard partagé le même fauteuil de bus, évité le tramway en allant à l’Arsenal et dégusté des fruits de mer dans le même restaurant. Aussi nous étions un peu embrumés par le vin blanc, nos yeux brillaient et mes défenses n’étaient plus étanches.
Je veux dire que dans les deux cas je ne faisais plus attention à la façade de ma vie, l’ombre du vent ne m’atteignait plus, et ce que voyait cet homme était changeant et miroitant.
J’étais moi, entièrement, prenant place dans le regard, parlant franchement de mes émotions et sensations.
Et chacun croyait voir celle dont il rêvait.
Sans se rendre compte que je pouvais aussi être terrible et colérique et que tout cela était mon caractère.
Etait-ce Yusuf, était-ce Claude ?
Il m’attendait juste derrière la vitre en regardant les passantes. Il m’a dit plus tard que les femmes qu’il regardait semblaient toutes conformes à leur rôle. Qu’aucune n’avait la liberté et l’ancrage historique, l’authenticité qui me caractérisaient.
Il me prenait pour LA femme.
Pendant ce temps celui qui partageait ma vie, qui m’observait et pouvait passer pour une sorte d’Orphée aux enfers…. se réjouissait de mes retours sous le toit commun, pleine de vie et d’histoires à raconter. A lui, rien qu’à lui.
Cependant, même si je partageais avec lui ce temps où nous chantions, cette saveur de notre vie commune, de nos expériences et épreuves en commun, j’avais envie de raconter à d’autres aussi….
1. Le lundi 21 septembre 2009, 21:02 par Lyjazz
Bon, en fait la précision n’est faite que pour les personnes qui liraient mon blog sans savoir à quoi je joue…
Je l’ai mise à dessein à la fin pour l’effet de fondu des titres et du texte de fiction.
Peut-être que ce n’est pas la peine de redire à chaque fois les règles du jeu.
Pour moi, tu peux mettre mon texte brut (ou avec seulement le rappel des titres imposés) et ça ira.
2. Le lundi 21 septembre 2009, 22:24 par Akynou
En fait, je fais cela parce que ça me sert à mettre ton nom et le lien vers le blog. C’est comme une introduction, chacun présente le jeu de façon assez personnelle. Ensuite, il n’y a qu’a lire la suite
C’est une coquetterie de présentation en quelque sorte. Je fais tout le temps la même chose, ça m’évite à pondre moi-même un texte d’intro 
3. Le mercredi 23 septembre 2009, 01:47 par Lyjazz
Ah, oui, bien sûr, je comprends ! C’est bien vu !
Moi je n’aurais pas mis d’intro : c’est mon côté brut.
C’était juste que ça m’agaçait de relire les règles du jeu : je suis ainsi faite que dès que mes yeux accrochent une ligne je vais jusqu’au bout….
Tu sais : une lectrice compulsive, qui lit TOUS les caractères écrits.
