Diptyque 2.1. l’histoire de la photo d’Alain Bachellier, par Xuan Lay.

 

Quand un enfant écrit un poème…

 

Mes mains s’ouvriront à l’étoile qui au ciel encore luit,
Au soleil qui lentement nous sort de la nuit,
A ce jour qui commence, à l’oiseau qui m’enchante,
elles s’ouvriront au monde et le monde s’ouvrira.

Elles s’ouvriront à l’enfant qui va sur le chemin,
elles s’ouvriront à tous ceux qui ont faim,
A ceux qui loin dans le monde de la misère,
ont connu la guerre, ont perdu leur mère.

Si parfois mes mains se ferment, se mouillent de pleurs,
En voyant de ce monde la profonde douleur,
Je cherche à les ouvrir encore à travers mes pleurs,
A les ouvrir à la vie, à les ouvrir à la mort.

Et quand le jour viendra où il fera très froid,
Où je ne laisserai plus la trace de mes pas,
Par le courant de la vie qui jamais ne s’arrête,
Me laisserai-je entraîner sans regarder derrière.

La peur alors ne fermera plus le chemin,
Mes mains s’ouvriront enfin, comme mon cœur,
Je deviendrai alors le sourire de la terre,
De la fleur de l’oiseau de la pluie et du vent.

Et un jour, peut-être, dans un petit enfant,
Je rouvrirai les yeux aux merveilles de la vie,
Et un peu plus aimant, un peu plus souriant,
Je continuerai ce beau chemin.

xuan-lay