Diptyque 2.2. L’histoire de la photo de Caféïne par Vroumette
Comme un mauvais rêve de ménagère et tous les ingrédients de Dix mois dix mots de Kozlika…
Pfffffffffffffffff c’est bien une idée de mon frère ça : me demander du kouglof dès potron minet au prétexte qu’il ne vient que très rarement en Alsace. Alors qu’il n’y a pas encore dix minutes j’étais dans l’éther grâce aux bons soins prodigués par Morphée, me voilà arpentant les rues de Strasbourg un dimanche matin à la recherche d’une boulangerie ouverte. A moitié léthargique, je déambule de ruelle en ruelle et, comble de malchance, je me suis mise une écharde dans l’épaule en m’adossant au chambranle d’une porte. Et si je courais après cette jeune femme à la valise rouge (on trouve des valises de toutes les couleurs maintenant, j’en ai même vu des jaunes), peut-être a-t-elle une pince à épiler dans sa valise et aurait la gentillesse de me délivrer de ce douloureux hôte ?
L’histoire de la photo de Caféïne par Vroumette. Comme un mauvais rêve de ménagère et tous les ingrédients de Dix mois dix mots de Kozlika…
Pfffffffffffffffff c’est bien une idée de mon frère ça : me demander du kouglof dès potron minet au prétexte qu’il ne vient que très rarement en Alsace. Alors qu’il n’y a pas encore dix minutes j’étais dans l’éther grâce aux bons soins prodigués par Morphée, me voilà arpentant les rues de Strasbourg un dimanche matin à la recherche d’une boulangerie ouverte. A moitié léthargique, je déambule de ruelle en ruelle et, comble de malchance, je me suis mise une écharde dans l’épaule en m’adossant au chambranle d’une porte. Et si je courais après cette jeune femme à la valise rouge (on trouve des valises de toutes les couleurs maintenant, j’en ai même vu des jaunes), peut-être a-t-elle une pince à épiler dans sa valise et aurait la gentillesse de me délivrer de ce douloureux hôte ?
Enfin, après une demi-heure de marche, je finis par trouver une boulangerie. J’hésite à entrer. On la dirait toute droit sortie d’une autre époque, comme si elle datait de l’an 19 après la Grande Guerre. Quant à celui qui sert, il ressemble comme deux gouttes d’eau à Henri Désiré Landru, ça donne froid dans le dos. Si je n’ose y aller, mon frère mettra ça sur le dos de mon inconstance qui parfois m’empêche d’aller jusqu’au bout des choses.
Finalement, j’entre. Non seulement, le tenancier du magasin a un physique de sérial killer, mais possède aussi une façon bien à lui de vous servir. En plus du kouglof, je lui demande une part d’une tarte aux fraises fort alléchante. Au lieu de me demander « combien je vous en mets ? » comme peuvent en avoir l’habitude les commerçants, ce dernier me dit « Je vous en mets Pi ? ». Devant mon air abrutie, il consent à me donner quelques explications : « oui, Pi – «3,14 quoi ! Je vous mets 3 ,14e de cette tarte ? » Rassurez-moi, ça vous est déjà arrivé qu’un boulanger ou encore un boucher vous propose une découpe pareille ?
Inutile de vous dire que, ne souhaitant pas m’éterniser, j’acquiesce pour en finir au plus vite. Mais voilà, le moment de payer venu il me faut sortir tout un bric à brac qui m’accompagne toujours dans mon sac et notamment le doudou de mon fils. J’ai l’air maligne !
Je n’ai qu’une hâte : rentrer à la maison. Je repasse sur cette place endormie. Seule la femme à la valise rouge est toujours présente, assise sur un banc en train de pleurer. Je ne comprends pas, elle semblait si pressée tout à l’heure. Cette écharde me fait un mal de chien. Je crois que je vais m’asseoir à côté d’elle et voir si je peux lui être d’une aide quelconque. Mon frère attendra encore un peu son kouglof.

Bravo !