Diptyque 2.7.  L’histoire de la photo de Jérôme, par Erin

 

« C’est vraiment un endroit où j’aimerais aller. Rien que cette photo m’a fait m’évader durant des heures. Et lorsque je n’avais pas la possibilité de la voir, je n’avais qu’à fermer les yeux pour la voir. Le texte est venu pratiquement dès le début. Il m’a sauté à la tête en découvrant ce ponton. j’aimerais pouvoir y aller me reposer de ma vie… »

Un beau texte poignant en tout cas…

 

Il se souvient de ce ponton, pourtant cela fait une éternité qu’il n’y est pas revenu. Il se rappelle sa première réaction à elle, lorsqu’ils l’ont découvert « Mon dieu ! Il est tellement long qu’on dirait qu’il plonge dans l’eau. » C’est vrai qu’il est long ce ponton. Et sans doute aujourd’hui encore plus. Il avance à petit pas vers lui. Il a du mal à monter dessus. Il sait que ce sera la dernière fois qu’il l’arpentera.

Il se souvient de toutes les fois où leur promenade les avaient conduits là. Ils se tenaient par la main, heureux de ce simple contact charnel. Ils y étaient venus par tous les temps, en toutes saisons. Elle aimait tellement cet endroit. Elle disait qu’il respirait la tranquillité, la sérénité. Elle venait s’y ressourcer, lorsque le travail l’avait épuisée ou bien quand elle devait relever un grand défi. Elle venait y réfléchir aussi, lorsqu’elle devait prendre une importante décision ou faire face à un événement perturbant. Il y en avait eu pas mal à une époque, notamment lors de la création de son entreprise. Et puis c’est également là qu’elle venait panser ses plaies, soulager ses larmes. Comme lorsque sa fille avait quitté le nid pour voler de ses propres ailes, ou encore après le décès de sa mère.

Il savait la trouver là, quand il rentrait et que la maison était vide. Et elle était toujours dans la même position, assise au bout, les pieds dans le vide, juste au-dessus de l’eau. Elle fixait l’horizon sans le voir, tellement absorbée par ses pensées, tellement tournée en elle. Il s’était toujours demandé comment elle arrivait à faire le vide, surtout l’hiver et son froid mordant.

Il avançait lentement, même si son esprit lui criait de rebrousser chemin. Il ne voulait pas que ce soit la dernière fois, mais c’était pourtant ainsi. Il se mit à sourire au souvenir de cet été où il lui avait appris à surmonter sa peur de l’eau. Combien de fous rires avaient-ils eu ici ? Combien de baisers, de caresses ? Combien de lever ou de coucher de soleil ? Combien d’heures à n’être que l’un à coté de l’autre, baignant dans le bonheur simple de la présence de l’être aimé à ses cotés, sans échanger de paroles, cela aurait été superflus ? Combien de fois avaient-ils courus sur ce ponton de bois, juste, comme ça, pour rire ? Combien de fois … ? Combien de … ?

Le sourire disparu, et sa gorge se noua. Il refusait à son esprit de penser à ce qu’il venait faire ici, sauf que son esprit était le plus fort. Il avait presque parcouru le long ponton, il couru les derniers mètres et se laissa choir. Il mit ses pieds dans le vide, comme elle. Comme elle, il regarda l’horizon. Comme elle, il laissa la brise lui caresser le visage. Comme elle, il … Non ! Pas comme elle, plus comme elle. Il n’y avait plus d’elle…

Il prit la boîte qu’il avait posée près de lui en s’asseyant. Il l’ouvrit. Il la bascula légèrement, et la brise s’empara de son contenu. Il avait tenu sa promesse… Elle reposerait à jamais dans ce magnifique endroit qu’elle aimait tant… Puis, il reposa la boîte vide.

« Tu avais raison ma princesse, la vie est si courte… » dit-il tout haut en se laissant tomber en avant…

1. Le lundi 12 juin 2006, 11:54 par Erin

Heu… Je veux pas faire ma chieuse, ni l’artiste capricieuse, mais il me semble qu’il y a un tout petit problème en début de texte… Le « [i]Amusez-vous bien.[/i] » est de trop…
Eh éh ! Le copier-coller !!!

2. Le lundi 12 juin 2006, 11:56 par Erin

Oups ! Voulant prévisualiser le BBCode inséré j’ai envoyé…

Bon le BBCode ne marche pas et puis j’ajouterai, merci d’avance et bisous pour la semaine à venir…