Diptyque 2.9. Quand on n’a que l’amour L’histoire de la photo de Luciole, par Erin

 

« Moi j’essuie les verres au fond du café,
J’ai bien trop à faire pour pouvoir rêver.
Mais dans ce décor banal à pleurer,
C’est corps contre corps qu’on les a trouvés…»

S : Dis ? tu te souviens de la première fois où je t’ai appelé ?
C : Oh oui ! Tu as dit « Allo ? C’est Séverin… » d’une voix toute timide.
S : Oui, j’étais intimidé. J’étais monté sur une colline, en vélo.
C : Il y eu plein de blanc…
S : Et ta voix si douce…

…

C : Et la première fois où l’on c’est vu ?
S : J’étais venu en voiture, et durant tout le trajet j’ai écouté notre chanson… (il fredonne tout bas) Puis une fois arrivé, je t’ai vu apparaître dans mon rétro.
C : J’avais peur… Mon cœur battait la chamade… Baboum, baboum, baboum…
S : Tu étais si belle, Canelle… Et ton sourire…

…

S : C’est ce jour là que nous nous sommes embrassés pour la première fois.
C : J’ai toujours le goût de ce premier baiser… Quand tu as enfin pris mes lèvres, doucement… Ce fut comme un frôlement d’ailes de papillon…
S : J’avais enfin ta bouche… si appétissante, si chaude, si gourmande…

…

S : Je me souviens de la fois d’après que nous nous sommes revus. Ce furent nos premières étreintes.
C : Notre première chambre d’hôtel aussi… La première fois où j’ai senti ta peau si douce sous le bout de mes doigts.

…

S : Je t’aime Cannelle…
C : Je t’aime Séverin…

…

S : Ta première venue dans ma ville m’a époustouflé… Tu semblais si décidée, si sûre de toi.
C : Il faisait froid, c’était en décembre… le 9 je crois. Et durant trois mois je suis venue régulièrement pour trouver un appart.
S : Jusqu’au jour où tu as emménagé. J’étais fier d’aimer une femme telle que toi
C : Oh ! Séverin… C’est ton amour qui m’a donné des ailes…

…

S : Et je suis venu dans ton nid… Ton bateau comme tu l’appellais. Avec toutes ses poutres et cette petite fenêtre, on aurait bien dit une cabine de Capitaine.
C : C’était un tout petit appart, mais une grande cabine de Capitaine… corsaire bien sur.

…

S : Je me souviens d’une fois où tu m’as ouvert la porte. Tu étais resplendissante avec ton sourire éclatant et ta chevelure flamboyante… Une image que j’ai gravé en moi à jamais…Tu m’as envouté comme une petite sorcière…
C : Normal ! N’oublies pas que je suis un peu berrichone…

…

C : Je me souviens aussi du manque de toi de plus en plus dur à supporter…
S : Et moi de tous ces moments d’attente… Ceux de tes SMS… Ceux où tu apparaitrais sur l’écran… Ceux où je pourrais enfin venir te rejoindre pour quelques heures de bonheur.

…

C : Mon arc-en-ciel…
S : Mon rayon de soleil…

…

S : Je ne veux plus me souvenir de ce qui s’est passé après Cannelle. Ça fait trop mal.
C : Pourtant c’est ce qui nous a conduit ici.

…

S : Je ne peux vivre sans toi…
C : Moi non plus Séverin…

…

S : Je veux tes bras… Je veux mourir dans tes bras…
C : Et moi dans les tiens…

…

C : Au revoir mon Amour… Je sens le sommeil me gagner…
S : A très vite ma Princesse… Je te rejoins sans attendre…

C’est enlacés, allongés sur les galets au pied de la digue, qu’on les trouva au petit matin, froids mais souriants.
Depuis qu’ils se connaissaient, une force incroyable les avait toujours poussés dans les bras l’un de l’autre…

Ils n’avaient pu vivre ensemble, mais c’est ensemble qu’ils moururent…
Réunis à jamais… Tel Roméo et Juliette, Tristan et Yseult, Lancelot et Guenièvre…