Diptyque 2.9. Quand on n’a que l’amour L’histoire de la photo de Luciole, par Samantdi
Le joli mois de juin 
Selon l’agence Reuters, le moral des ménages se redresse en juin.
Il faut dire que le mois de juin est, par excellence, celui des ménages.
D’abord on commence par le faire. Robe chantilly, escarpins beurre frais et alliance en platine se marient bien avec les longues soirées, les feux de la Saint-Jean, la fête de la Musique où l’on déambule dans les rues, main dans la main.
Ensuite vient le temps des barbecues entre amis, des soirées brochettes. Les gars regardent le foot, les filles pensent aux premiers bébés, une intrépide vient avec un couffin, elle lance le coup d’envoi de la série.
Les bébés grandissent, on les met à l’école d’où ils rapportent, toujours au mois de juin, des colliers de nouilles et des cartes dessinées : Bonne fête Maman, Bonne fête Papa avant d’enfiler qui un tutu rose, qui une cape de mousquetaire pour le spectacle de la kermesse. Papa filme au Camescope, Maman a les yeux humides.
Voilà le temps des communions, aubes à louer, petits plats dans les grands, et hop, un tour de piste plus tard, les bambinettess sont devenues des bimbos qui passent le bac. On accompagne des adolescents anxieux à l’autre bout de la ville et on attend les résultats en se rongeant les ongles.
Ouf, reçus ! Reste à chercher une chambre à louer dans la Ville Lointaine…On embarque l’essentiel dans la camionnette d’oncle Hubert, on achète un clic-clac, une table en pin, on monte le tout à bout de bras dans un sixième sans ascenseur.
Quelques temps plus tard, un nouveau venu fait son entrée, échalas à lunettes qui fait son droit et qu’on regarde de biais. Il fait si doux au mois de juin.
Où allez-vous par cette chaleur ?
Faire un tour sur la plage.
Prenez donc une serviette, vous allez vous escagasser les fesses sur les cailloux !
T’en fais pas, on se débrouillera.
Le moral des ménages se redresse toujours au mois de juin.
