Diptyque 3.3., l’histoire de la photo d’Ali Baba par Orpheus
« Le bonheur est dans le pré, cours-y vite, cours-y vite… » disait Paul Fort.
Une pêche gorgée de ce soleil du Sud.
Une de celle qui vous inonde la gorge quand vous avez mordu à pleines dents dans sa chair. Une de celles dont le goût perdure lorsque vous la suçotez indéfiniment pour en extraire le jus. Une de celles dont vous prenez plaisir à éclater les fibres du bout de la langue contre les dents ou le palais.
Il m’a livré ses fruits à domicile pendant quelques années.
Maintenant qu’il est retourné dans sa région, c’est chez lui que je dois courir les chercher.
Sa distance est une invitation au voyage.
Et pour le rejoindre, il me faut traverser les nuages.
Là bas, je suis autre. Loin du tumulte de la ville, j’essaye de me fondre dans le paysage le jour. Et la nuit, dans ses bras, je rêve.
Dans les champs, il me poursuit de ses ardeurs. D’un rire cristallin, je l’encourage à me rattraper. Sans aller trop vite, pour ne pas le distancer, mais juste assez pour l’attiser un peu plus encore…
Le soleil n’est pas encore couché. Je vais attendre le crépuscule pour me laisser capturer.
