Dans le diptyque 3.6., l’histoire de la photo d’Anideg., vue par Oxygène. Un point de vue décalé.

 

Epouvantée, terrifiée, paralysée.
Elle sait reconnaître l’odeur caractéristique, douçâtre et fétide du prédateur. La terreur qui l’habite est palpable.

Et ce regard fixe qui la guette, la surveille.
Quelques poils drus se hérissent au dessus des gros yeux globuleux. La bouche énorme occupe presque toute la tête, monstrueuse.
Depuis sa plus tendre enfance, elle a appris à se protéger de cette espèce particulière, à en repérer les traces, à la fuir.

« Maamaaan ! » Mais qui, dans cette prairie isolée, peut entendre ses hurlements et ses sanglots ?

Sa vie ne tient qu’à un fil. Son corps se cambre, elle attend la mort et supplie : Noooon, Noooon ! « Maamaaan ! »
Dans le flot d’adrénaline qui inonde son esprit, émerge un souvenir douloureux. Sa petite voisine. Aplatie, par un talon impitoyable. puis dévorée par les fourmis.