Diptyque 3.5. Parce que c’est la période des fêtes, Oxygène a fait un mix du dernier diptyque de l’année. Elle a pris le texte d’Anne, et, au lieu de lui trouver une photo, elle a fait un autre texte. Je vais peut-être lui demander en plus une photo pour illustrer son texte ;-)…

A lire les jeunes parents qui s’interrogent (pour combien de temps en avons-nous encore ? Comment vont-ils réagir à la révélation de l’horrible vérité ?), je suis contente d’avoir encore un an de répit avant d’attaquer la question du Père Noël.

Parce que quand même, raconter des bobards, surtout de cette envergure, spa mon genre. J’ai envie de mériter la confiance de ma fille, alors aller lui raconter des sornettes et lui offrir l’ignoble trahison sur un plateau enjoué, ça me perturbe.

En même temps, je ne vois pas pourquoi je la priverais de cette « magie », de ces moments d’attente fébrile et du folklore qui va avec.

Et l’une des raisons qui font que je suis incapable d’avoir un avis, c’est que bien que je sache depuis quelques années que ce sont les parents qui mettent les cadeaux au pied du sapin… je crois bien que j’y crois encore, au Père Noël. C’est juste qu’il faut savoir le reconnaître, il ne se balade pas toujours en rouge avec une barbe blanche.

Le Père Noël auquel je pense aurait la science d’un chaman et la sagesse d’un gran man.
Il mettrait du plomb dans la tête de ceux qui dirigent ce territoire français d’Amérique, et pas à la manière des orpailleurs clandestins qui vous abattent un honnête homme en 2 coups de fusil à pompe.

Non, de la graine d’humanisme et d’intelligence, celle qui aide à comprendre les situations, sans préjugés. Et à les résoudre.

Ainsi, les Bushinengés du Maroni qui ont échappé aux campagnes de naturalisation, et qui sont clandestins dans leur propre pays, pourraient-ils scolariser leurs enfants, les envoyer en formation, obtenir un logement social, des prestations familiales, accéder aux soins comme tout citoyen français.

Ainsi, les Amérindiens présents depuis des siècles, et mêmes des millénaires, qui ne sont pas régularisables parce qu’ils n’ont pas de preuves écrites de leur présence pourraient-ils, eux aussi, avoir les mêmes droits.

Ainsi, ces peuples du fleuve pourraient-ils avoir accès à l’eau potable, à l’électricité et aux moyens modernes de communication. Il n’y a pas de téléphone en pays amérindien de l’Ouest guyanais parce que la société privée qui a empoché les subventions pour l’installation refuse tout suivi et entretien.

Ainsi, le principe d’une école laïque, gratuite et obligatoire pour tous serait-il respecté. Le droit de circuler sur les fleuves n’est pas reconnu par la législation qui considère qu’ils ne sont pas navigables. Les transports scolaires par voie fluviale sont donc insuffisants et comme il n’y a ni route, ni aéroport dans la plupart de ces villages, des centaines d’enfants sont privés d’enseignement. L’Observatoire de la non scolarisation en évalue le nombre à environ 3 000 pour tout le territoire guyanais.

Mon Père Noël aurait une belle mission à accomplir ici. Il y a urgence.

Merci à la section de Guyane de la Ligue des droits de l’homme pour les informations transmises.