C’est un jeu que j’avais lancé là

C’est encore sLeAbO qui parle le mieux de son tirage : « Au départ, je pensais donner du boulot à Akynou en faisant le malin et en lui refilant une liste de BD parce que je n’avais pas d’idée de romans pour son jeu. Mais en fait, c’était aussi pour notre pomme, le jeu [niark niark niark, NDLR]. J’ai hérité des titres de Andrem et j’ai fait ce que j’ai pu... »

La montagne de l’âme
La mort est mon métier
La lumière et la boue
Les petites chaises de Myrtiossa
L’île mystérieuse

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Je suis passé, l’autre jour, devant une boutique de jouets anciens. Vieux automates mécaniques, jeux oubliés et maisons de poupées… Il y avait plein de petites choses, d’ailleurs, pour ces répliques de maisons pour petites filles. Avisant un lot de mini-chaises certes ouvragées, je demandais à la vendeuse ce qui justifiait son prix à trois chiffres. « Mais ce sont les petites chaises de Myrtiosa !!! » Devant ma mine déconfite, elle me désigna une petite poupée, visiblement recherchée par je ne sais quels collectionneurs vu le nombre de chiffres qu’arborait l’étiquette. Et puis elle est repartie, dédaigneuse, s’occuper de vrais clients qui connaissait les poupées Myrtiosa et surtout leur valeur…

Myrtiosa… Quel prénom bizarre. Ça me ramenait un petit paquet d’années en arrière, quand, profitant des vacances, je partais crapahuter avec mon cousin inventant des histoires fantastiques, inspirées par ce que tous les gamins peuvent lire d’aventures et de quêtes héroïques. Myrtiosa, typiquement le nom dont j’aurais rebaptisé l’île de nos vacances pour en faire une île mystérieuse, abritant nos pérégrinations de bandits imaginaires. La moindre des collines devenait la montagne de l’âme perdue. Un creux dans une roche et nous avions la grotte secrète de pirates fantômes, la cahute déglinguée sur la plage était notre fortin à défendre contre les forbans de la côte. L’été nous donnait l’occasion de rejouer maintes fois de chevaleresques épopées :

– Halte la ! On ne passe pas… Rebroussez chemin ou il vous en cuira.
– Écartez vous, je passerais, quoiqu’il en coûte.
– Alors il faudra nous tuer tous !
– He bien vous mourrez, la mort est mon métier…

Dans le soleil couchant nous rentrions enfin, auréolés par la gloire, la lumière et la boue parfois, et ces fois-là, peut être que nos mères regrettaient d’avoir des enfants chevaliers qui ne savaient éviter les flaques…