Diptyque 4.2. L’histoire de la photo d’Akynou par Laure
Déjà, quand j’avais cet âge-là, j’avais du mal à les supporter. Elles étaient toujours en train de hurler. Avec des petites voix perçantes qui vrillaient les oreilles et qui me donnaient mal au crâne. Et puis elles vous regardaient avec des airs supérieurs, sûres d’elles. Elles vous tiraient la langue en se planquant derrière leurs parents. Et puis elles n’arrêtaient pas de dire du mal des autres.
Ça caquetait pire que des poules. Ça cancanait pas mal aussi. La cour de récré devenait une vraie basse cour. Elles s’y promenaient, puis se mettaient à courir en piaillant. Elles se jetaient les unes sur les autres comme si elles ne s’étaient pas vues depuis un siècle, se faisant de grandes démonstrations d’amitié. Elles appelaient au secours pour un oui pour un non. Le moindre insecte les faisait défaillir. Ce qui ne les empêchaient pas d’attraper des araignées pour vous les mettre dans les cheveux, les garces.
Pourtant, prises séparément, elles pouvaient être sympas, voire cool. Mais dès qu’il y en avait deux ensemble, c’était l’horreur. C’était pire si il y avait un ado dans les parages. C’était à qui en ferait le plus pour se faire remarquer. Car le pire, assurément, c’était quand elles disaient qu’elles étaient amoureuses. Elles jetaient leur dévolu sur un pauvre gamin de la classe, gloussaient dès qu’il passait devant elles, chuchotaient des trucs à l’oreille de leurs copines et pouffaient comme des connes.
Ces gamines-là, elles auraient donné la vocation à n’importe quel garçon normalement constitué, L’envie d’entrer dans les ordres juste pour leur échapper.
Je n’ai plus 8-9 ans depuis longtemps. Mais je les déteste toujours ces gamines-là. Les seules que je supporte, ce sont mes filles. Et encore pas tous les jours. J’ai presque hâte qu’elles deviennent ado. Mais en attendant, je souffre. Aujourd’hui, surtout, c’est l’anniversaire de l’une d’elle. Un cauchemar pour moi, car l’appartement est rempli de poules qui ont entre 8 et 9 ans. Et je comprends que Bertrand ai préféré aller faire sa sieste sur le trottoir plutôt que d’avoir à subir ça. Je l’envie.
Je dédie cette histoire à Léone, dont c’était l’anniversaire hier et qui a invité ses copines aujourd’hui. Qu’elle sache de qu’elle abnégation j’ai dû faire preuve. Ne vous inquiétez pas, j’ai planqué tous les couteau de cuisine au cas où l’envie d’en zigouiller une me viendrait. …
1. Le mercredi 17 septembre 2008, 16:43 par andrem
Alors bon anniversaire à ta Léone. Elle n’a pas besoin de piailler, il lui suffit de jeter un oeil.
Mais tu as eu raison de cacher les couteaux et de te faire attacher au mât du navire. La vieille histoire du chant des sirènes, nettement moins mélodieux que le fait croire leur réputation.

